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    October 28

    I'M BACK TO LONDON

     

    Je débranche le téléphone

    Les bagages sont prêts

    J’ai bien tous mes papiers

    I m back to London

    Attends moi bien sage j’arrive

    Il se peut que j’écrive

    Un peu pendant ce voyage

    Mais ce n’est pas vraiment sûr

    Ce ne sera pas trop dur

    Une semaine sans petit message

    Si je croise un cyber

    J’écrirai quelque vers

    Si je suis inspirée

    Est-ce que je vais vous manquer

    October 27

    RELATION VIRTUELLE

    Comme j’aimerais ne jamais vous parler

    Continuer à vous lire sans jamais altérer

    Le sens profond des paroles réfléchies

    Le monologue posé en art fini

    Relation légère et sans contrainte

    Noir sur blanc exprimées vos craintes

    Sont moins pesantes que des blocs de mots

    Je ne voudrais pas de ce fardeau

    Je crois que j’ai pris la lunette à l’envers

    Comme vivant dans un autre univers

    Je vous vois tout petit et très loin de moi

    Je ne veux pas connaître le son de votre voix

    Ni les intonations ni la puissance

    Je ne veux pas connaître les au revoir et merci

    Je savoure entièrement toute la distance

    Qui nous sépare de ce que sont des amis

    Je ne veux pas déposer mes lèvres sur vos joues

    Je ne veux pas sentir votre main dans la mienne

    Il n’est pas d’autre relation qui me convienne

    Que ces discussions parallèles ces sucres doux

    Qui se délitent lentement dans la lecture

    Chacun penché sur sa propre écriture

    Déroulant inlassablement le fil de nos obsessions

    Jouant des mots de leur signification

    Satisfaction mutuelle de nos ego démesurés

    Nous qui pensons avoir des esprits si bien pesés

    Et qui prenons notre plaisir virtuel

    Dans la puissance des jeux intellectuels

    Isaac penché sur cette relation

    Doit jubiler d’avoir eu tant d’intuition

    Car sur Solaria seule à mon réveil

    Je ne saurais plus faire face aux feux du soleil

    October 26

    ON MARCHE POUR ALLER A L'ECOLE

     

    En file indienne ou à la queue leu leu

    En groupe épars ou serrés comme des bœufs

    En chantant des comptines

    En mangeant des tartines

    On marche pour aller à l’école

    Sur le sentier on rigole

    On court comme des dératés

    On a même parfois dérapé

    Une larme un bisou et c’est reparti

    Ça ne dure pas les embrouillaminis

    On ramasse des petites fleurs sans tige

    On grimpe sur le muret sans avoir le vertige

    On arrive derrière le collège

    Fini la liberté privilège

    Des grands qui font bien attention

    A tous les dangers et à condition

    De ne pas lâcher la poussette

    Au moindre bruit vite on s’arrête

    On se serre tout contre le mur

    Pour laisser passer les voitures

    De ceux qui habitent bien plus près que nous

    Mais qui ont sûrement les pieds mous

     

    October 25

    REVE MATINAL

     

    Assise sur les ailes d’un oiseau

    Je regardais le monde de très haut

    Les rivages au loin se dessinaient

    Comme sur un grand planisphère

    Le soleil comme un enfant s’obstinait

    A jouer des reflets brillants sur la mer

    En route pour aller nulle part

    J’étais pourtant très en retard

    Ainsi qu’un lapin chagrin de mes amis

    J’appréciais avec lui toute la fantaisie

    De ce rêve finalement des plus banal

    Qu’on fait souvent en sommeil matinal

    Lorsqu’on n’a pas encore vraiment envie

    D’attraper à bras le corps les lueurs de la vie

    October 24

    LONDON TOWER

    J’irai encore voir les joyaux de la couronne

    En rêvant que je suis une reine qui trône

    Parée des ces milliers de bijoux

    Solides lourds et chargés d’une histoire

    Qu’on oserait même par raconter aux enfants le soir

    Je regarderai ces pauvres fantômes fous

    Qui n’ont pas trouvé leur chemin dans le noir

    Et qui errent tous ensemble le long des couloirs

    De cette tour d’un autre temps derrière ses murs

    Je contemplerai à nouveau les armures

    Qu’ils portaient pour afficher leur rang

    Et s’il me reste encore un peu de temps

    Je chercherai un coin isolé de tous ces gens

    Pour respirer seule l’odeur de la pierre

    M’imprégner de toutes les sensations d’hier

    Retrouver le fondement de la vie d’antan

     

    October 23

    LUNDI NOIR

    Tout est gris aujourd’hui le soleil

    Ne montrera pas le bout d’un rayon

    J’ai fait un incroyable mauvais réveil

    J’aurais du rester cloîtrée dans mon salon

    Au lieu de quoi spectacle misérable

    Promeneurs de dimanche pitoyables

    J’ai vu votre massacre l’inacceptable saccage

    Meurtre sauvage je suis inconsolable de ce ravage

    Sur mon sentier triste qui halète dans le froid

    Je reste avec lui atterrée pleine d’effroi

    Je ne le dirai pas à ELLE elle aurait trop de chagrin

    ELLE qui regarde avec moi tous les matins

    Si le petit monde s’agite ou dort

    ELLE qui pointe son doigt en or

    ELLE toute petite qui respecte déjà la vie

    J’irai cet après midi à l’enterrement d’une fourmi

    De son petit corps fragile écrasé détruit

    Quelques secondes et la vie s’est enfuie

    Pour aller combler je ne sais qu’elle énergie ailleurs

    Otée par une intelligence dite supérieur

    A quoi

    Pourquoi

    De ma fourmilière on aperçoit les entrailles

    Pendant que le criminel probablement raille

    L’insignifiance de mon chagrin

    Il y a de sales matins

    Que faire

    Remettre un peu de terre

    Pour protéger le tréfond

    De cette habitation

    Ou ne rien toucher

    Laisser la nature décider

    O je voudrais déjà que l’on soit au printemps

    Savoir si la vie accordera sa grâce dans le temps

    Et permettra à mes amies de s’en sortir encore une fois

    Il me reste encore un peu de foi

    Dans la puissance de ces petites créatures

    Ces petits êtres miniatures

    October 22

    EMERAUDE

     

    Reflets évanescents qui dorment

    Cinquième élément surgissant du néant

    Mère de toutes les formes

    Esprit universel qui partout se répand

    Emeraude des Sages

    A millier de visages

    Vierge aux yeux verts pétrifiés

    Patricia dort dans un musée

    De New York sans taille

    A Topkapi ses sœurs baillent

    Lascives comme des sultanes

    Connaissance inspirée des musulmanes

    Qui savent la Force toujours

    Du côté où se lève le jour

    A vouloir te nuire ils te disaient

    Tombée du front de Lucifer

    Tant de beauté vivre en enfer

    C’est par trop ironiser

     

    October 21

    BIENVENUE DANS MON DOMAINE

    Quel étrange souffle t’amène jusqu’ici

    Un grand vent d’orage ou une brise légère

    Il me semble que tu étais déjà là hier

    Et que tu es passé silence tu n’as rien dit

    Ne crois pas que je t’oblige à parler

    Regarde partout je te laisse fureter

    Tu es ici chez moi à l’intérieur de mon âme

    Regarde tout vois l’ampleur de mon drame

    Est-il égal au tien ressens-tu les mêmes angoisses

    Sursautes tu au moindre bout de papier qu’on froisse

    Sais-tu t’enthousiasmer autant que moi

    Pour trois fois rien pour un petit sourire

    Souris-tu lorsque soudain j’aboie

    Quand soudain une colère m’inspire

    Tu es venu jusqu’à moi sans que je t’ai invité

    Laisse moi te recevoir en toute simplicité

    Apprécier ta présence me réjouir encore

    De tout ce que tu apportes de dehors

    Reste autant que tu veux ton temps n’est pas compté

    De grand cœur reçois mon hospitalité

    October 20

    ANGOISSE DE LA PAGE BLANCHE

    Et si la source venait brutalement à se tarir

    Que Tayanadeux n’avait plus rien à écrire

    Est-ce que ça vous ferait de la peine

    Vous a t’elle seulement tenu en haleine

    Elle a pris beaucoup de son temps

    Pour effacer vos tourments

    Avec ses mots remplis de sentiments

    Mais si l’inspiration faisait défaut

    Grande page blanche de bas en haut

    Auriez-vous quelques boniments

    A lui donner pour qu’elle colmate

    Les trous béants de son inspiration

      balanceriez-vous des tomates

    Jusqu’à ce qu’elle perde sa respiration

    Dite lui que vous aimez son doux délire

    Vos petits mots c’est tout ce qui l’inspire

    Soyez bons tendre et sucrés

    Par pitié laissez-vous dévorer

    October 19

    PREPARATIFS

     

    Pour Halloween je vais me déguiser en chat

    J’ai déjà fait quelques essais devant le miroir

    Avec mon petit masque que j’ai peint en noir déjà

    J’ai collé une petit nez rose et des moustaches hier soir

    Je vais chercher partout de vieux habits gris

    Il me faudra sûrement un peu de laine aussi

    Pour me tresser une jolie queue à accrocher

    Sur mon vieux caleçon tout rapiécé

    Je suis ravie en pensant à mon costume

    Elle est très bien cette nouvelle coutume

    Et quelle joie d’aller voir les voisins

    Une fois par an je connais le chemin

    De toutes les petites mémés du quartier

    Elles donnent des paquets de bonbons entiers

    Elles s’émerveillent devant nos allures

    N’ont même pas peur de nos incantations

    Et ce jour là nos affreuses petites figures

    Apportent la joie dans certaines maisons

     

    October 18

    INNOCENCE

     

    Innocence

    Jardin clôt de ton enfance

    Pour combien de temps

    Très peu sans doute

    Ouverte à présent la route

    Qui te préservait gentiment

    Conscience

    Eveil programmé par ces gens

    Qui de force imposent l’évidence

    La manière de penser proprement

    Ma douce petite fleur sauvage

    Cultivée comme ceux de son âge

    Différence

    Mot chanté sans arrêt sans relâche

    Soin donné en culture d’apparence

    Bouclier avancé en défense des lâches

    Jamais une autre façon de penser

    Ne pourra correctement s’interpréter

    Allégeance

    Je te laisse entrer dans la danse

    Proie offerte à cette société

    Je n’ai pas la force de m’opposer

    Te faire vivre dans un monde décalé

    Impossible de te l’imposer

    Espérance

    J’ai semé quelques grains alentours

    Serais-je encore là pour voir le jour

    Où certains prendront de l’importance

    Créatrice donneras-tu libre cours

    A l’œuvre que tu berces depuis toujours

     

    October 17

    LA BOUCHE TOUTE BARBOUILLEE

    La bouche toute barbouillée

    Dans les coins des traces de chocolat

    Les petites frimousses toutes mâchurées

    Les traces de doigts par ci par là

    C’est des petites vies qui font soleil

    C’est des petits enfants tout pareil

    Que toi

     

    Les mains qui tracent dans la peinture

    Des fils d’amour pour les mamans

    Des traits qui vont sur la figure

    Et même parfois sur les vêtements

    C’est des petites vies qui s’émerveillent

    C’est des petits enfants tout pareil

    Que toi

    October 16

    BETISE EN TOILE DE FOND

    Enfance dévastée par la bêtise

    Sournoise d’enfants démons

    Des petits êtres sans nom

    Sans repère sans loi couardise

    De celui qui agit et de celui

    Qui guette pour un faux ami

    Celui qui te fait manger dans sa main

    Sa morgue et ses noirs desseins

    Idiotie de celui qui confond

    Ce que l’on doit dire et ce qu’il faut taire

    Qui ne relève pas son camarade à terre

    Et qui rejoint l’univers sans fond

    De tous les spectateurs

    Qui ne dénonçaient pas les noirceurs

    Camps de concentration

    Les victimes deviennent des bourreaux

    Spirale vicieuse monte trop haut

    Connaît-elle son histoire cette génération

     

    October 15

    HYMNE AU LUNDI

    Comment vas-tu ? Comme un lundi !

    C’est pas très gentil pour le lundi !

    Lui, il n’y peut rien s’il est le premier

    Sur la liste des jours du semainier.

    Moi, lundi, je t’aime bien,

    Même quand je n’ai goût à rien.

    Tu arrives toujours à me donner du courage,

    A vaincre mes peurs, mes colères et mes rages.

    Je t’aime bien quand il pleut ou quand il fait soleil,

    Pour moi, tout ça, c’est tout pareil.

    Lundi, tu fais bouger la vie

    Des gens qui dorment tout le dimanche,

    Et, tu sors de ta manche

    Des couleurs et des nouvelles envies.

    T’as un sacré courage de remettre tout en route !

    Jamais un jour tu n’auras eu de doutes

    Et quand fatigué, parfois tu te reposes

    A l’ombre d’un férié qui t’offre une petite pause,

    Certains te disent qu’il faut y aller quand même.

    Moi je te dis : n’écoute que ceux qui t’aiment !

    Prends du bon temps mon lundi chéri,

    Ils n’ont qu’à y aller eux ceux qui crient !

     

    October 14

    FAIM SANS FIN

     

    Enfermée dans mon repère

    Je suis restée toute la journée derrière

    Mes livres et mon ordinateur

    Contemplant à travers la lucarne

    Le monde ses soucis et ses peurs

    Je reste là et je m’acharne

    A faire grandir mes connaissances

    Sans but sans espérance

    Recherche vaine tout azimut

    Impossible d’atteindre un but

    Je remplis les tiroirs à ras bord

    J’apprends j’apprends encore

    Sans but sans raison ni rimes

    Au bout du chemin aucune prime

    Je ne remplirai jamais le tonneau

    Tâche absurde et sans fin

    Que de toujours avoir faim

    A quoi sert ce fardeau

    Qui n’a aucune consistance

    Pas même le nombre infime

    Est-ce que c’est comme je le pense

    En quelque sorte être infirme

    October 13

    ARBRES BLANCS

    Je me promenais l’autre jour

    Je ne sais plus où exactement

    J’étais juste partie faire un tour

    Un tour de rien un petit moment

    Tout à coup mon regard attiré

    Tomba précipitamment sur un bosquet

    Et je vis un mot accroché dans les branches

    Un mot très fin d’une écriture toute blanche

    C’était le mot ARBRE qui était attaché

    Je le ramassais avec précaution

    J’avais à peine fini qu’un autre avait repoussé

    Je recommençais regardant avec attention

    La magie opéra encore

    C’était un drôle de sort

    Soudain une idée jaillit

    Prise d’un sorte de frénésie

    Je me mis à cueillir ces ARBREs blanc

    J’en remplissais mes poches autant

    Qu’elles pouvaient en contenir

    Et je partis à courir

    Vers les lieux de mon ancienne forêt

    Je plantais tous mes mots

    Dans les souches ravagées

    Et je sentais les flots

    De vie revenir à chaque bouture

    Le chant joyeux de la nature

    Le lendemain j’avais une forêt de sapin blanc

    Comme un hiver d’enchantement

    Cependant j’étais seule à la voir

    Les autres avaient perdu l'espoir

    October 12

    CONSEIL POUR UNE GRENOUILLE

    Si parfois au bord de la mare

    Tu penses que tu en as vraiment marre

    D’entendre les crapauds coasser pour rien

    Prends donc tes clics et tes claques

    Saute haut adopte un air aérien

    Va donc voir s’il n’y a pas d’autres flaques

    Juste un tout petit peu plus loin

    Laisse les baigner dans leur jus

    Leur marégot stagnant qui pue

    A faire obstinément tout leur tintouin

    Une grenouille même extraordinaire

    Ça a besoin de prendre l’air

    Prendre l’air de quelqu’un d’important

    Sans forcément se gonfler pour autant

    October 11

    OEUVRE D'AUTOMNE

    Des fleurs et des feuilles qui sèchent entre les pages

    D’un dictionnaire d’anglais des trésors ramassés

    De-ci de-là au gré de gentils petits voyages

    Dans les prés les bois et les sentiers

    Nous collerons le tout sur des cadres magiques

    Nos œuvres inventées sont bien plus fantastiques

    Que tout ce que tu peux voir dans les musées

    Toutes nos créations sont un peu enchantées

    Mélange d’amour et de petites maladresses

    Mais pour papa maman on reste concentré

    En pensant à leur plaisir et à notre fierté

    D’avoir su faire tout seul et une caresse

    Peut être dans le cou un délicieux baiser

    Tous nos précieux efforts seront récompensés

     

    October 10

    MORCEAU D'AUTOMNE SUR MON SENTIER

    Un tapis de nèfles sous les pieds qui s’écrasent

    Un peu plus à chaque fois que l’on passe à pied

    Qu’il est beau dans l’automne mon sentier

    Quelques papillons volent encore en phase

    Avec leur arbre préféré le long du vieux rempart

    Mes fourmis retapent leur logis

    Moins de trois jours pour réparer l’abri

    C’est plus que du grand art

    Partout des odeurs d’automne

    Au loin le clocher qui sonne

    On se croirait dans un vieux livre de lecture

    Dans un temps où je peinais pour l’écriture

    Un serpent se chauffait l’autre jour sur le mur

    Vipère ou couleuvre je ne suis pas sure

    Témoin de la vie rampante sous les branches cachée

    Sauvage préservée naturelle

    Et qui résiste rebelle

    Aux quelques bouts de planches alignées

    Univers rangé

    Nature même pas dérangée

    Quelques blocs de béton pour faire pousser des fleurs

    Artifice au bout de ce chemin du bonheur

    Ça donne au petit prince un escalier de malice

    Pour grimper et sauter dans mes bras

    Dans le grillage une araignée tisse

    Une toile que personne ne verra

    October 09

    1400000 MEURTRES VIOLS VOLS AVEC VIOLENCE AUX USA EN 1986

     

    Un  million quatre cent mille meurtres

    Viols vols avec violence la cadence

    Toute les vingt deux secondes si j’y pense

    C’est un sacré boulot à abattre

    Mon oncle Sam m’avait pas prévenu

    Tant d’insécurité dans les rues

    La vie c’est toute sirène hurlante

    Sur une pente vraiment glissante

    Je vais vite aller me barricader

    Dans mon ghetto tout d’or bordé

    Mais des fois ça protège de rien

    Les armes il y a aussi des types bien

    Qui en ont plein dans les placards

    C’est normal pour tirer les canards

    Tout par un coup il pète un plomb

    T’étais devant vraiment trop con

    Tyler pas capable d’un tel acte

    Six cibles sous son impact

    Pour lui aussi le glas qui sonne

    Larmes et chagrin à Crandon