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    May 31

    LE TEMPS PASSE

    En guise de promenade voilà que je ronronne

    Derrière une vitre chauffée par le soleil

    A chaque clic il apparaît que tout m’étonne

    Je suis en action dans mon immobile éveil

    Sauras-tu qui je suis princesse bassoniste

    Feras-tu jaillir de ta mémoire le ténu souvenir

    De mon visage d’improbable flûtiste

    Calant mon départ sur un de tes soupirs

    Je n’aurais pas jeté un mot sur tes anches

    Si je n’avais pas eu cette incroyable chance

    De rencontrer un bout de ton cœur accroché à la toile

    Si forte d’apparence juste en bougeant un coin de voile

    Voilà que tu révèles au dessous le fragile cristal

    Et les mille feux qui se reflètent en regard d’opale

    Lorsque tu livres tes incertitudes à la bonté des gens

    Je jouais si peu autrefois que j’écoutais le vent

    Qui sortait en message de ton instrument

    Et j’attends en grande impatience que le temps

    Me ramène à portée de tes volutes graves

    Savourant mes souvenirs comme des bonbons suaves

    May 30

    Mais aussi...

    Mais aussi viennent les bonnes surprises

    Un sourire inattendu sur une tête exquise

    Qu’on n’avait jamais pensé à regarder

    De sincèrement aussi près

    Le cœur des hommes se met à briller en transparence

    Quand s’ôte tout autour toute fausse brillance

    Et les amis les vrais font des cercles rassurants

    Des remparts merveilleux hauts et puissants

    Contre le mauvais sort qui soudain se fourvoie

    Et recule devant l’amour qui se déploie

     

    May 29

    BRICOLAGES

    Nous avons de grands secrets

    Petits bouts grands cachottiers

    Dans les arrières cuisines ça bricole

    Cadeau mystère bout de ficelle et pot de colle

    Tout le monde participe

    Six mois ou six ans c’est un principe

    Et chacun sera fier le jour venu

    D’être si bien parvenu

    A toucher la plus belle au cœur

    En fabriquant un petit bonheur

     

    May 28

    CERCLES RESTREINTS

    Avant il y a plein de gens qui me parlaient

    Pour ne rien dire posés les mots par plaisir

    Des gens je les croyais collés à mon avenir

    Aujourd’hui après les cartes redistribuées

    Voilà le jeu vraiment à recommencer

    Les paroles envolées sur de drôles de sommets

    Faut faire le tri de l’espace le ménage

    Tout en gardant une bonne tête d’enfant sage

    Que suis-je pour que l’on n’ose plus me parler

    J’entends que ça murmure à pas feutrés

    Certains que je revois par hasard disent

    Qu’ils n’osaient pas seulement m’appeler

    Au fil des malheurs insensiblement se réduisent

    Les cercles voilés des fausses amitiés

    May 27

    UN BOUT DE TEMPS POUR MOI

    Un bout de temps déchiré pour moi

    Posé sur un mercredi pour me refaire une santé

    Un petit temps pour dormir je suis fatiguée

    Un petit temps pour sortir faire des choix

    Dans les magasins sur les routes au soleil

    Un petit temps où je suis en éveil

    Je vois j’entends je respire

    Je ne pense pas trop j’évite les soupirs

    Et je me dis allez va on s’en tire bien

    Le résultat n’est qu’une question de moyens

    Si l’avenir se projette en univers restreint

    Pourquoi pas c’est tout aussi humain

    May 26

    IMPRESSION TENACE

    J’ai oublié de te dire quelque chose

    Sûrement un truc pas très marrant

    J’m’en souviendrais si c’était épatant

    Mais là ça prend des airs de névrose

    J’ai l’impression qu’il me manque tout le temps

    Un mot une phrase un fait important

    Mes pensée se baladent en terrain inconnu

    Labyrinthe profond secret et étendu

    En route c’est sûr j’en perds

    Et ça ne fait pas toujours mon affaire

     

    May 25

    NOSTALGIE DE SON PETIT LIT

    Le prince est retourné pour un après-midi

    Dans son petit lit de peluches rempli

    Comme avant quand les bébés n’avaient pas envahis

    L’espace privilégié de ses repères ici

    Il touche presque le bout de ses jambes tendues

    Se glisse en dessous du plaid malgré la chaleur

    Me donne le signal pour le rituel convenu

    Au bout de quelques minutes le voilà en sueur

    Nageant dans ses rêves en grande profondeur

    Profitant de cette pause survenue par bonheur

    Et ce n’est que lorsque maman vient le chercher

    Qu’il consent à ouvrir les yeux et à se lever

     

    May 24

    NOUS VIENDRONS A PIED

    Un pas après l’autre je grimpe encore

    Le long de la colline faisant sentir à mon corps

    Le poids du temps et de la gourmandise

    Lui promettant peut être la surprise

    De pouvoir à nouveau gambader un jour

    Si rien ne fait obstacle à ces espoirs

    Ralentissant au bout de quelques tours

    Cadence de lourde montée en désespoir

    Avais-je moins mal aux pieds autrefois

    Une maison accueillante attend toutefois

    Au bout du parcours qui n’est pas sans raison

    Justifiant l’allégresse qui reprend le ton

    Mais les gambadeurs sont loin devant

    Me laissant le choix d’une allure adaptée

    Voilà qu’au bout du chemin un gentil comité

    Accueille mes efforts d’un sourire de géant

    La ballade valait bien son pesant d’or

    Et l’amitié au bout certes bien plus encore

     

    May 23

    CHRONIQUE D'UNE FORET DISPARUE

    Je t’aimais forêt artificielle

    Essences étrangères acclimatées comme moi

    Plantées ailleurs et repiquées en cet endroit

    Elevant ma conscience dans ce carré de ciel

    J’aimais l’accent des tes bois tes cris dans le vent

    Le crépitement des vieux branchages sous mes pas

    Tu racontais la souffrance des hommes de là-bas

    Qui plantaient l’espérance pour leurs enfants

    Enracinant leurs vies sous ces nouvelles latitudes

    Arrosant ces pousses de sueurs ou de larmes

    Pour abreuver la vie et ses mouvantes habitudes

    Que reste t’il de tes parfums de charme

    Où logent à présent tes nombreux invités

    Sont ils comme moi toujours à se lamenter

    Parcourent ils d’autres feuillages plus sucrés

    Je m’ennuie des tes musiques parfumées

    De tes appels bruissants sur mes sens acérés

    Du pivert qui sans doute n’avait jamais habité

    Ailleurs où sont ils ces oiseaux de malheur

    Ces victimes innocentes qui ont vu leur demeure

    Réduite à un carré d’herbe pour maisons d’hommes

    Leur nids comptent moins que les notre en somme

     

    May 22

    REPAS DE FILLES

    Rendez-vous gourmand entre nanas

    Préparé un peu de mousse au chocolat

    Et plein de blablas des petites histoires

    De rien des paroles de chiffons agréables

    Des mots cousus à la main pour petit soir

    A déguster doucement autour d’une table

    Rendez-vous sans galant jamais égalé

    Juste pour comparer nos petits bonheurs

    Et nous rassurer en voyant que c’est pareil ailleurs

    Mêmes joies même galères sœurs affairées

    Ils assurent nos maris pour garder les marmots

    Mine de rien cette pause c’est un sacré cadeau

    May 21

    POLLEN

    Pollen qui se disperse au vent

    Ca ne suffit pas pour apporter gentiment

    Ce qu’il faut pour les pommes les poires

    Si l’on n’y prend pas garde stériles espoirs

    Vont se répandre sur nos légumes nos soirs

    Seront fait de blé de riz pour seuls festins

    Pesticides insecticides mangeurs de destins

    Fauchages inconsidérés au bord des fossés

    C’est la fin ordonnée de la bio diversité

    Pas une herbe qui dépasse de vos pelouses

    De quoi rendre résolument une abeille jalouse

    De ses ancêtres qui folâtraient

    De coquelicot madame en bleuet

    C’est la fin on vous dit que c’est la fin

    Et vous continuez comme si tous les lendemains

    Etaient encore à rire et gaspiller

    Quand allons nous enfin nous réveiller

    May 20

    RECHERCHE DE FICHIERS...

    J’ai rangé mes mots dans un ordre mesquin

    Il faut à présent l’aide d’un trieur numérique

    Pour trouver les paroles précieuses et magiques

    Et les replacer sur le bon chemin

    J’ai mélangé des quoi des ça des si des peut être

    Parcouru des fichiers pour trouver une issue

    A mon problème de mots rangés et perdus

    Et n’ai rien trouvé où ai-je bien pu les mettre

    J’ai mis des titres farfelus sur des idées nouvelles

    Ma mémoire se venge et se montre rebelle

    Il faut fouiller le ventre de l’étrange appareil

    Gardien des idées de mon cerveau qui sommeille

    Un petit chien facétieux tourne les pages d’un livre

    Pendant que je patiente jusqu’à ce qu’il me délivre

    Les quelques mots que je vous réservais ce soir

    Mais j’avoue qu’à ce stade il me reste peu d’espoir

    May 19

    Chant flûté du soir

    Promenade de doigts sur ligne d’argent

    Le soir reprend son temps d’histoire musicale

    La prière sonore s’élève assurément

    Plainte codée pour oreille de cristal

    Le travail n’est qu’un prétexte pour dire

    Sans langage les formules que d’autres soupirent

    Là où le mot ne désire pas prendre sa place

    Les notes s’élèvent à travers l’espace

    Magique mécanique transforme mes pensées

    En phrases sibyllines sitôt évaporées

    May 18

    PRINTEMPS JAUNE

    Le printemps jaune a éclaté ses corolles

    De ci de la mes fourmis caracolent

    Bâtissant remuant vibrant sur l’air du temps

    Le sentier prend ses aises au milieu des herbes folles

    L’espace réservé va en s’amenuisant

    Il faut marcher l’un derrière l’autre pour aller à l’école

    Des locataires anciens ont repris possession

    D’une pâture où l’herbe poussait à foison

    Alors que l’arbre aux papillons veillant en maître

    Ne semble avoir encore rien vu naître

    Au soir les grillons chantent la gloire de mon sentier

    Me rendant mon bonheur plein et entier

     

    May 17

    JOUER PAR GRAND VENT

    C’est un grand vent dans les voiles

    Tempo fuyant aux feuilles qui se dévoilent

    Et s’envolent proies du soufflant

    C’est le jour d’un Eole constant

    S’il manque une note c’est qu’elle s’égare

    Echevelée par ce sournois qui sans égards

    L’a portée plus loin qu’elle n’aurait voulu

    Si quelques unes ont soudain disparus

    C’est qu’une bourrasque s’était entendue

    Pour délivrer le son d’une autre manière

    Histoire de leur chanter sur un autre air

    Une fugue mainte fois entendue

    May 15

    MICROMMATA VIRESCENS

    La belle sans se lasser

    Patiente qu’il fasse son affaire

    Si je n’avais pas la lessive à faire

    J’aurais pu essayer de la concurrencer

    Mais sept heures de loisirs

    Toute à son bon plaisir

    C’est ce qui doit la rendre si verte

    Fatiguée de s’être ainsi offerte

    Elle s’est réfugiée sur un mur

    Posant pour la photo sous ma figure

    Ebahie de l’avoir vue s’ébattre dans mon jardin

    Une micrommata virescens vous salue bien

     

    May 14

    INTEMPERIES

    Un jour beau

    Un jour eau

    Mes humeurs suspendues

    Au sautes de temps

    Bonne tête perdue

    Dans des gouttes d’argent

    Je me terre en l’abri

    J’attends

    La fin des intempéries

    Souvent

    May 13

    UN RAYON...

    Un rayon de soleil tardif pointe son nez

    Pour faire semblant de chauffer la journée

    Comme si c’était un soir d’été

    Mais le printemps fait des caprices

    Un peu d’eau sur les toits glisse

    Mes rêves de chaleur sont empêtrés

    Sous mon joli duvet

    Encore un peu de temps à patienter

    May 12

    APRES-MIDI DEHORS AVEC SURPRISE ET LE PETIT PRINCE

    Sur un petit carré de tissu à l’ombre

    Chassant définitivement mes humeurs sombres

    Elle se tortille comme un petit ver

    Crapahute en rampant de travers

    Attrapant une herbe qui dépasse

    Un jouet qui très vite la lasse

    Et vient se rouler contre moi

    Un large sourire dessinant son minois

    De coquine en liberté

    Le prince retrouve ses anciens jouets

    Transforme des boites en chapeau

    Qu’il pose sur la tête pour les laisser tomber

    Il rêve sans doute qu’il fasse toujours beau

    Et que l’on vive dehors un éternel été

    May 11

    INSTANT PRIVILEGIE

    Bien longtemps après que le son ne soit plus

    Dans mes tâches du jour endroits inattendus

    Raisonnaient encore les phrases musicales

    Les détails minutieux travaillés sans relâche

    Jusqu’à ce que le résultat se détache

    Cascadant sans repos comme un chant de cigales

    Effluves marines puissantes ou mystérieuses

    Images frénétiques de danses envoûtantes

    Ou de chants africains une présence sérieuse

    Et rieuse tour à tour se tenait à côté de mes attentes

    Baignée dans des sons de larmes ou de joies intérieures

    Elle jouait comme on parle avec un accent de soleil

    L’étoile envoûtée et sa flûte vermeil

    Vint s’asseoir tout près d’elle comme une sœur

    Et je ne sais laquelle était la meilleure

    Toutes deux jouaient avec tant de bonheur