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August 30 ENTRE PARENTHESES
Le voile lentement a glissé
Au fil du soir la nostalgie s’installe
Sur les réminiscences d’un proche passé
Ici un phrasé s’accroche musical
Sur des lèvres qui bientôt seront closes
Un vent se lève emportant toute chose
Immatérielle vers d’autres odyssées
Surtout ne pas déjà se séparer
Profiter encore d’un bruissement égaré
D’une onde rebelle au temps
Serrer les cœurs autour d’un verre pour prolonger
L’ensemble avant qu’il ne soit évaporé
Il faudra bien demain s’en remettre au présent
Marcher vers l’avenir et ses autres repères
Mais distillons encore ces minutes précieuses
Ces regards enivrés de complicité heureuse
Avant que ne s’efface notre monde éphémère
August 26 SURPRISE REVIENT
Surprise va reprendre ses quartiers d’hiver
Nez qui coule et petites misères
Elle me rapportera de vacances ses progrès
Le temps qui passe inscrit sur ses traits
J’ai frotté la maison pour que trainent ses pas
Sur un univers doux et sécurisé
J’imagine à présent la tête qu’elle fera
En retrouvant déjà un peu de son passé
J’attends la petite fleur de bonheur
Impatiente de pouvoir chatouiller
Ventre cou et petit bout de cœur
Et boire ses éclats de rire sucrés
August 24 STRUZZO
Au cœur de ses pensées de ses reproches
Chaque jour davantage un peu plus proche
Je cheminais mots après mots
Dans l’univers égocentrique qui me plaisait
Au détour du moi imposant il faisait le beau
Râlait pour un rien subtilement décortiquait
Les pensées les actions les omissions
Sans s’embarrasser de nulle compromission
Acides étaient ces mots à l’égard de certains
Cocasse son regard sur sinueuses situations
J’aimais à m’embarquer sur la ligne des matins
Pleine de sommeil attrapant sans condition
Sa main d’urbain modèle sur le tram de Cenon
Elle me manque sa verve plantée dans le quotidien
Les doubles sens de mes mots sur les siens
J’aimais me rouler dans l’absurde ou selon
Fatiguer mes méninges à chercher les messages
J’aimais le savoir pétris de toutes nos différences
Pleine d’effroi caresser sa glaciale intelligence
Un jour de doute noir il effaça les pages
Qui reliait ses jours à mes jours
Ces mots que je lisais comme de secrets mots d’amour
Ces mots n’étaient pas lus de celui qui devait
Le quotidien s’est tu laissant place au regret
Ami de hasard tu manques à mon inspiration
Tes mots se font trop rares j’aime ta respiration
Et les bruits que tu fais autours de mes écrits
Tes silences sont les enfers de mes nuits
August 23 PARLONS UN PEU D'AMOUR
Parlons un peu d’amour
Comme si le chemin le plus court
N’avait jamais été le meilleur
Comme si parsemé de milliers de fleurs
Le passé n’avait été que douces senteurs
Caresses merveilleuses et gentilles heures
Parlons encore comme si de rien était
Comme si l’aventure venait de débuter
Tes cheveux encore noirs et ma taille fine
Ne pensons seulement qu’aux secondes divines
A tous les baisers aux étreintes secrètes
A nos rires à nos complicités discrètes
Vois tu encore tout le doux qu’il nous reste
Les sentiers escarpés menant vers des retraites
Souriant à la tendresse de nos gestes
Marchons encore un peu d’un pas alerte
Il n’y a pas de bel avenir qui ne se mérite un peu
Tu n’as pas changé tant que cela mon amoureux
Il y a toujours les mêmes brillances dans tes yeux
Les mêmes faims les mêmes curiosités les mêmes aveux
Ce que la vie nous a servi j’en veux encore
Savourer notre amour d’esprit d’âme et de corps
August 21 CALME APRES LA TEMPETE
Le temps s’est arrêté de courir
Laissant libre cours à l’esprit de flâner
Rêver sentir et parcourir
Les allées entrelacées de diverses pensées
Voici un mot nouveau cueilli dans un jardin
Où les contraintes ne comptent pour rien
Voici un son venu d’une expérience
Une grande idée trouvée dans une conscience
Voilà que s’ouvrent comme à chaque repos
Les vannes du barrage qui libèrent en flots
Les chants les odes les balades
Semant au gré de leurs cascades
Quelques gouttes de leur plus belle eau
L’histoire dévidée comme un lent adagio
Supprime les cadences brutales à poète malmené
Et l’écoute de silences se joue en exercice imposé
August 19 APRES
Longtemps après ma mort
Je poserai des lèvres de pierre
Sur l’horizon muet qui dort
Le cœur ouvert sans mes peurs d’hier
Je jouerai du silence pour mes pairs
Et ma place dans l’air sera la même qu’avant
Si mon esprit vole ce ne sera que pour faire
A peine plus qu’un peu de vent
Mes notes secrètes comme des baisers doux
Seront caresses d’un fugitif instant
Ce que jamais je ne jouais pour vous
Sera gravé sur marbre blanc
August 18 APRES UN BEAU CONCERT
Je suis assise dans un jardin
Partout à toutes les fenêtres géraniums roses
Rouges et tendres font un joli dessin
Une vigne vierge loge une colonie qui ose
Investir les murs de la maison commune
J’écoute le bruit que font les traceurs de fortune
Les échos des paroles brillantes et polies
Je me grise un peu des effluves de louanges et du vin
Qui coule de la corne d’abondance et demain
Je sais que m’attend une autre vie
Je profite encore un peu du temps qui suspend son vol
La dernière mesure n’a pas libéré les tensions
Je suis en parallèle comme en suspension
Dans une dimension libre et folle
Je suis assise là à nouveau plus poète que musicien
Etrangère à ce monde qui n’est pas le mien
Et pourtant j’en savoure encore un peu les plaisirs
Les douleurs les aspirations les soupirs
J’ai respiré l’espace avec le cœur ouvert
Capturé des chants pour soigner mon hiver
J’ai pleuré sur le beau j’ai vibré de plaisir
Des images de son forment mes souvenirs
TOUT EST MUSIQUE
Tout est musique
Le cœur l’âme la main
Tout se serre et fait chemin
Vers le moment magique
Pas une seconde qui ne pose mesure
De son ou de silence intérieur
Tout se mélange avec fureur
Pour distiller le moment pur
Tout se concentre en un point central
Cherchant des yeux le bien le mal
Guettant l’approbation ou le désaccord
Plaçant la phrase la plus véritable
Celle qui rendra le monde stable
Et découvrira pour un temps le trésor
Tout est magique
L’instant l’endroit le destin
Tout converge vers le point unique
Le début d’un instant qui ne fait qu’une fin
August 16 UN PEU DE SOI
Tirant doucement sur des fils de soie
Apparences fines et fragiles
Vibrations intenses et subtiles
Il s’accroche au bout des morceaux de soi
Sortis d’un fatras qu’on croyait inutile
Ce qui flotte à la surface les brillances
Les décors d’apparats éclats futiles
Ce n’est pas la matière dont sont faites les nuances
Les cris vont se chercher dans nos anciennes blessures
L’amour broyé dans nos vieilles fractures
Les histoires les plus belles enfouies dans de la glace
Remontent si l’on chauffe un peu à la surface
August 15 DIRIGER
Toucher du doigt l’invisibilité
Lui donner des rondeurs des courbes sensuelles
La plier selon un vieux désir rebelle
Façonner l’espace dans son intensité
Tracer le chemin sonore à travers les possibles
Limiter le temps le volume définir la trace
Qui restera lorsque le silence en place
Vibrera plus fort qu’une flèche en cœur de cible
Peindre les contours de l’œuvre à mains nues
L’enrichir de force des sensations ténues
Qui s’imposent comme des forte grandioses
Prendre l’énergie au fond de ceux qui osent
S’imprégner des vagues de sons furieux
Ecrire un conseil d’un seul posé des yeux
Sur le pur celui qui doit rendre la ligne
Lui faire choisir le juste d’un seul petit signe
Offrir aux gens un regard sûr et franc
Tenir en ses mains l’intégralité du temps
Se laisser traverser par le flot de sons épars
Canaliser le fleuve pour un nouveau départ
Et ne jamais douter de ce que les autres donnent
Envisager l’avenir comme un cœur qui résonne
August 13 DU VENT
Dissoute dans le son qui prend matière
Englobant l’orchestre et la terre entière
La fusion jour à jour un peu plus s’opère
Et les buts s’imbriquent de belle manière
Laissant au tiroir jusqu’aux identités
Laissant sur un seul la responsabilité
Du résultat qui ne manquera pas de plaire
Aux oreilles parfaites et à leurs corolaires
Les habitués des abus de sons autoritaires
Ou les sages mélomanes attentivement austères
Voulant qu’on leur délivre en la matière
Ce qu’il y a de meilleur le savoir faire
Et la magie se fera dans le chaudron repère
De personnes diverses et variées
Qui pour quelque notes bercent des mystères
Et travaillent ensemble tous d’arrache-pied
August 12 TRAVAIL/PLAISIR
Il est des secrets qui se trament
Dans votre dos
Des bouts de sons qui brament
Brut de tempo
Il se prépare des fêtes de sons
Des sonorités des paroles éphémères
Qu’on gardera ou qu’on vouera aux enfers
Des gens travaillent à votre plaisir
Pour quelques instants quelques uns de vos soupirs
Ils réveillent pour vous des phrases du passé
Des accents détonants des paroles d’étrangers
Les replacent à l’instant
Tout est d’actualité
Et le soir je m’endors en rêvant
Des sons affûtés Se préparent en dormant Vos rêves égarés August 11 MUSIQUE MAESTRO
Ecoute au vent les paroles
Ce que répand notre obole
En parfum de sons vents éparpillés
Je vais encore aller m’aligner
Derrière des doigts agiles et musclés
Tendre mon oreille indiscrète
Vers des propos informulés
Recueillir des histoires secrètes
Écrites sur des papiers à portées
Regarder par des mains le temps s’écouler
Je vais encore aller fondre dans la masse
Liquéfier mes envies mes passions
Soulever en douceur la trappe de la nasse
Pour libérer de glissantes sensations
Je vais aller rêver au milieu du son
Qui se pousse pour me faire une place
Sans chercher quelles sont mes déraisons
De flotter dans ce qui me dépasse
Je vais aller prendre à des lèvres le mot
L’esprit qui s’échappe par les yeux
Laisser dériver mes capteurs curieux
Au fil des dons généreux sans veto
Peut être alors j’oublierai ce que je suis venue faire
Et me laissant capturée par la force du fer
Je plongerai dans l’onde pour ajouter un peu d’eau
Je donnerai peu être quelque chose de beau
August 08 JOUER AVEC LE FEU
A bout de flamme
Auprès d’un cœur qui se repose
D’un univers en feu j’ose
Tirer autre chose que des larmes
Le verre en fusion qui s’enroule
Dessine l’espérance des perliers
L’œuvre sortie d’étroits chantiers
Matière qui lentement s’écoule
De la pensée vers sa destination
Forme filée devient la création
L’idée opaque prend matière
S’orne et se pare d’artifices
Inclusions de fleurs de métaux
Parois sculptées ou contours lisses
Le challenge est de créer du beau
Mais le verre ne passe du froid au chaud
Que si la patience l’accompagne
Prêt à se briser s’il sent qu’on ne soigne
Pas le temps autant qu’il le faut
Matière à réflexion s’il s’offre transparent
Peut-il capturer une bulle de vent
August 01 LUGNASAD
La roue de feu descend vers la rivière
Chargée de tout ce qui fut hier
Son avenir éteint dans l’eau pure et claire
Annonce le repos mérité de la terre
Elle descend vite d’abord pressée de rencontrer
Celle qui l’apaisera de toute son anxiété
Puis ralentit sa course pour donner aux enfants
Le temps encore pour préparer le dormant
Sépare-toi aujourd’hui de tout ce qui fut vain
Ou au contraire prend alliance et nouveau chemin
Car en ce jour Lug veille sur ce qui va se défaire
Et promet de réduire rancœur et vieilles misères
Ecoute aujourd’hui le poète sage et le poète fou
Ecoute le vent et les chants qui seront partout
Marche sous les arbres ouvre tous tes sens
Sert à la vie ce qui tu lui réserves de meilleur
C’est en ce jour que se déguste le bonheur
Pose-toi au sommet avant de retourner à tes errances
La nuit sera longue à traverser demain
Ce jour marque le temps de préparer ton destin
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