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    June 01

    LA VIE D'UN SENTIER (DES NOUVELLES)

    Je connais un endroit public et secret

    Un lieu de passage à pied

    Un microcosme ouvert et pourtant mystérieux

    Chargé de vie sauvage et rebelle

    Apprivoisant sans cesse les perpétuelles

    Tentatives de nettoyages malheureux

    Sacrifiant la hauteur de quelques herbes sauvages

    A l’image collective d’un accueillant visage

    Pour cultiver en secret et tranquille

    Les lierres les Marguerites aux tiges graciles

    Et renaissant sans cesse comme le sphinx éternel

    Imposant en silence un espace naturel

     

    May 18

    PRINTEMPS JAUNE

    Le printemps jaune a éclaté ses corolles

    De ci de la mes fourmis caracolent

    Bâtissant remuant vibrant sur l’air du temps

    Le sentier prend ses aises au milieu des herbes folles

    L’espace réservé va en s’amenuisant

    Il faut marcher l’un derrière l’autre pour aller à l’école

    Des locataires anciens ont repris possession

    D’une pâture où l’herbe poussait à foison

    Alors que l’arbre aux papillons veillant en maître

    Ne semble avoir encore rien vu naître

    Au soir les grillons chantent la gloire de mon sentier

    Me rendant mon bonheur plein et entier

     

    March 12

    PREMIERES ESPERANCE

    Ca y est

    De petites pousses vertes

    Montre le bout du nez

    La course est ouverte

    Vers les joies programmées

    Premières espérances d’odeurs

    Premiers fils de chaleur

    Les émotions écartées

    De la terre se dévoilent

    Prennent des teintes aux étoiles

    Promesses tenues enchantées

    As-tu vu passant ce qui change

    Ce jour sur le sentier discret

    Le sol s’ouvre c’est étrange

    Sur un décor renouvelé

    Un peu d’eau certes

    Mais il en faut

    Pour nourrir le beau

    Nature vivante offerte

    A mes yeux jamais rassasiés

    Toujours cet endroit a étudier

    Ce carré luxuriant à l’assaut de murailles

    Je sais dès à présent qui aura la bataille

    En victoire totale et absolue

    Ce n’est qu’une petite question de temps

    Racines insérées eau gelée puis fondue

    Erodant l’histoire inexorablement

    March 09

    NOUVELLES DE MON SENTIER

    Pas à pas je ré-apprivoise mon sentier

    L’arbre à papillon dort encore sous le premier soleil

    Les fourmis enterrées sont toujours en sommeil

    La poussette creuse un sillon dans le gravier

    On aperçoit les premières promesses de fleurs

    Petit crocus de toutes les couleurs

    Les lianes de lierre ont investi les murs

    Et leurs font magnifiques une verte chevelure

    La paix douce règne toujours en ce lieu

    Mon sentier est toujours merveilleux

    December 11

    LA VIE D'UN SENTIER, L'HIVER

    Sous cinquante centimètres de froid

    Je devine endormies mes congénères

    Tout dort silence en cet endroit

    C’est la longue période de l’hiver

    L’arbre aux papillons cache sous son écorce

    Quelques surprises à réserver au printemps

    En sommeil sont disposées toutes les forces

    De la nature qui désormais prend son temps

    Je le trouvais beau mon sentier à l’automne

    Aujourd’hui il m’émerveille encore il m’étonne

    Tiendra t’il jusqu’à Noël sa robe d’étoiles

    Et de cristaux scintillants brodés sur ses voiles

    La cabane à chevaux a dressé ses guirlandes

    Flèches de glaces glissantes au bord du toit

    Crèche improvisée par la nature en offrande

    Aux mystères qui s’invitent en période de choix

    Pas un bruit que celui de mes bottes enneigées

    Qui s’enfoncent lentement dans cette couverture

    Un doute m’assaille je ne suis pas sûre

    De ne pas avoir profané un sanctuaire sacré

    July 09

    LIBRE ET SAUVAGE

    C’est ainsi que je l’aime mon sentier

    Libre et sauvage

    L’herbe des côtés chatouillant mes pieds

    Poussant au hasard au milieu du passage

    Oublié des employés communaux

    Et de leurs engins de torture

    Laissant une petite ouverture

    Sur le monde naturellement beau

    Car je préfère les fleurs libertés

    A celles qu’ils ont plantés

    Et je jubile quand foisonne la nature

    Terrain propice jusque sur les murs

    D’enceinte désormais inutiles

    Le sentier ne craint pas les attaques viles

    Il profite du temps qui lui appartient

    Pour reconstruire comme il lui convient

    Aucune main ne peut domestiquer

    L’aventure libre qui se déroule ici

    Les tentatives naïves dureront une ou deux vies

    Puis les droits naturels reviendront s’imposer

    May 06

    RETOUR AU SENTIER

    Le petit prince et moi en quête d’aventures

    Sommes partis de bon pied et à toute allure

    Vers le sentier joli

    Aujourd’hui inspection des fourmis

    Ca faisait un bon moment qu’on n’y était pas passé

    Au début du sentier c’est luxuriant

    La végétation a poussé en un rien de temps

    Le petit prince souffle sur les pissenlits

    Les graines s’envolent tout autour de lui

    Le jeu est fini le voilà reparti

    Il passe devant notre arbre sans même le regarder

    Tourne au coin du rempart grimpe sur le muret

    Regarde petit prince la voilà rebâtie

    Comme à ses plus beaux jours ça grouille ici

    Le petit prince tenté met la main dedans

    Trois ou quatre soldats grimpent en même temps

    Vite je secoue sa main et elles sont parties

    Attention mon chéri ça pique les fourmis

    Ca pique les fourmis chante le petit prince

    Et il rit il rit en regardant sa pince

    Ca pique les fourmis ça pique les fourmis

    Plus on avance plus on est haut

    Au bout du mur on s’envole comme un oiseau

    Atterrissage dans mes bras le baiser n’est pas volé

    Au bout de mon sentier moment de complicité

    March 03

    RETOUR DES FOURMIS

    Victoire sur les sots et les malappris

    Celles qui ont gagnées ce sont les fourmis

    Le réveil ce matin sans tambour ni trompette

    Le réveil a eu lieu c’est comme un jour de fête

    Ça se promène de partout ça regarde les dégâts

    Et déjà au travail dès les premiers pas

    Mon cœur bondit dans sa petite cage

    J’offre sur le monde un rayonnant visage

    Car je suis ici chez moi je suis la reine

    Et mon peuple s’en est sorti indemne

    Vainqueur contre l’hiver et les imbéciles

    Gagnante de la beauté véritable et fragile

    Passez votre chemin ignorants sacrilèges

    Faites défiler ailleurs votre vilain cortège

    Sur le sentier magique n’ont le droit de passage

    Que les amoureux de la nature et les enfants sages

    February 08

    LES CHEVAUX DU SENTIER

    Autrefois il n’y a pas si longtemps

    Dans le champs qui borde le chemin

    Quelques chevaux paissaient tranquillement

    En nous observant de leur œil malin

    Certains plus hardis s’approchaient pour nous voir passer

    Ravi de cette distraction rythmant leur journée

    D’autres nous ignoraient êtres insignifiants

    Certains encore nous toisaient d’un regard hautain

    Dédaigneux et méfiants

    Ne s’approchant même pas pour grignoter le pain

    Que des enfants joyeux

    Leur ramenaient de chez eux

    Un jour le pré fut vidé délaissée la pâture

    Un homme vint même enlever la clôture

    Laissant au large le souvenir se déverser

    De nos amis partis dans un champs éloigné

    February 07

    DES ENVIES DE PRINTEMPS

    Jour de soleil jour de chaleur

    A peine passée la chandeleur

    Je me surprends à rêver de printemps

    A regarder d’un autre œil les champs

    Et tout à coup qu’est-ce que j’aperçois

    En rentrant de l’école par le sentier secret

    Trois petites têtes jaunes commencent à percer

    En se moquant de l’hiver encore là pour un mois

    Coup d’œil à gauche sur ma fourmilière

    Tout dort encore et les dégâts sévères

    Saccages d’ignorants

    S’étalent devant moi spectacle affligeant

    Le temps me dure petites amies

    De vous voir au travail réunies

    February 03

    CIEL ETOILE

    La nuit mon sentier joli

    Est un chemin couvert d’étoiles

    Quand le ciel impudique dévoile

    Ses dessous bleu nuit

    Incrustés  de diamants

    Taillés en brillants

    Aucun lampadaire

    N’oblige à regarder les pieds

    Il faut marcher les yeux en l’air

    Si l’on veut se sentir guidé

    Comme un navigateur solitaire

    Le temps de rallier la civilisation

    Traversée d’un monde d’émotion

    Peu à peu les yeux se desserrent

    Du carcan de lumière imposée

    Et l’on commence à voir à sentir

    Tout l’univers qui s’étire

    Autour de ce lieu enchanté

    December 22

    DES NOUVELLES DE MES FOURMIS

    Assise sage au bord du chemin

    Plus rien ne bouge le matin

    C’est l’hiver le monde dort

    C’est l’hiver pour longtemps encore

    Le temps s’écoule au ralenti

    Il n’y a pas l’ombre d’une fourmi

    Le dôme éventré n’intéresse plus que moi

    On dirait que le monde a perdu la foi

    Pourtant je crois que l’on respire ici

    Pas très loin, quelques centimètres dessous

    Je parierais bien quelques sous

    Que n’est pas morte toute vie

    Et j’attends malgré moi les beaux jours de soleil

    Le premier matin où à mon réveil

    Je verrai sortir les premiers soldats

    Marchant au ralenti faisant leurs premiers pas

    October 23

    LUNDI NOIR

    Tout est gris aujourd’hui le soleil

    Ne montrera pas le bout d’un rayon

    J’ai fait un incroyable mauvais réveil

    J’aurais du rester cloîtrée dans mon salon

    Au lieu de quoi spectacle misérable

    Promeneurs de dimanche pitoyables

    J’ai vu votre massacre l’inacceptable saccage

    Meurtre sauvage je suis inconsolable de ce ravage

    Sur mon sentier triste qui halète dans le froid

    Je reste avec lui atterrée pleine d’effroi

    Je ne le dirai pas à ELLE elle aurait trop de chagrin

    ELLE qui regarde avec moi tous les matins

    Si le petit monde s’agite ou dort

    ELLE qui pointe son doigt en or

    ELLE toute petite qui respecte déjà la vie

    J’irai cet après midi à l’enterrement d’une fourmi

    De son petit corps fragile écrasé détruit

    Quelques secondes et la vie s’est enfuie

    Pour aller combler je ne sais qu’elle énergie ailleurs

    Otée par une intelligence dite supérieur

    A quoi

    Pourquoi

    De ma fourmilière on aperçoit les entrailles

    Pendant que le criminel probablement raille

    L’insignifiance de mon chagrin

    Il y a de sales matins

    Que faire

    Remettre un peu de terre

    Pour protéger le tréfond

    De cette habitation

    Ou ne rien toucher

    Laisser la nature décider

    O je voudrais déjà que l’on soit au printemps

    Savoir si la vie accordera sa grâce dans le temps

    Et permettra à mes amies de s’en sortir encore une fois

    Il me reste encore un peu de foi

    Dans la puissance de ces petites créatures

    Ces petits êtres miniatures

    October 10

    MORCEAU D'AUTOMNE SUR MON SENTIER

    Un tapis de nèfles sous les pieds qui s’écrasent

    Un peu plus à chaque fois que l’on passe à pied

    Qu’il est beau dans l’automne mon sentier

    Quelques papillons volent encore en phase

    Avec leur arbre préféré le long du vieux rempart

    Mes fourmis retapent leur logis

    Moins de trois jours pour réparer l’abri

    C’est plus que du grand art

    Partout des odeurs d’automne

    Au loin le clocher qui sonne

    On se croirait dans un vieux livre de lecture

    Dans un temps où je peinais pour l’écriture

    Un serpent se chauffait l’autre jour sur le mur

    Vipère ou couleuvre je ne suis pas sure

    Témoin de la vie rampante sous les branches cachée

    Sauvage préservée naturelle

    Et qui résiste rebelle

    Aux quelques bouts de planches alignées

    Univers rangé

    Nature même pas dérangée

    Quelques blocs de béton pour faire pousser des fleurs

    Artifice au bout de ce chemin du bonheur

    Ça donne au petit prince un escalier de malice

    Pour grimper et sauter dans mes bras

    Dans le grillage une araignée tisse

    Une toile que personne ne verra

    October 05

    AVERTISSEMENT

    Un idiot a secoué le grillage

    Balancé des graviers un paquet

    J’en ai marre de ces sales roquets

    Lâches veules sabotage

    Si je chope un nabot à agresser encore

    Ma fourmilière aussi lâchement

    Je vais lui faire un mauvais sort

    Lui faire appeler sa maman

    Tayanadeux reine des fourmis

    Proclame en ce jour solennel

    Toute agression de mes amies

    Sera sanctionnée c’est formel

    Comme c’est bientôt l’hiver

    Il va falloir se préparer à hiberner

    Si maintenant tout va de travers

    Ce sera difficile de résister

    Ceci est clairement une menace

    Prenez garde agissez sans trace

    Car si vous laissez un indice

    Vous serez retrouvé par ma police

    Et vous passerez un sale quart d’heure

    A payer chèrement vos erreurs

     

    August 21

    L'ARBRE AUX PAPILLONS

    Sur mon sentier joli un arbre très sympa

    A trouvé dans la vie un métier qui lui va

    Il abrite pour l’été une colonie de papillons

    Gentiment il a proposé de servir de maison

    Pour lui la vie est belle maintenant

    Il n’est plus jamais seul avec tous les enfants

    Et quand le soir arrive quand c’est bientôt la nuit

    Il sent sous son écorce de drôles de chatouillis

    Le matin il fait beau tout le monde se réveille

    Et tous ces papillons c’est joli au soleil

    Il partent butiner alentour sur les fleurs

    Que les chevaux voisins ont laissées quel bonheur

    Lui ne bouge pas il attend sans impatience

    Que le soir lui ramène tous ses petits amis

    Il se dit que vraiment il a beaucoup de chance

    Et en secret il rêve de les garder pour la vie 

    July 19

    JE POSSEDE UNE FOURMILIERE

    Je possède une fourmilière.

    Pas une de ces grandes fourmilières de deux mètres de haut,

    Non,

    La fourmilière que je possède est normale.

    Elle est installée au bord d’un sentier

    Qu’on prend pour aller au village à pied.

    Elle prend appui sur un grillage banal

    Et plonge loin je crois dans la terre,

    Ce qui la protège de bien des revers.

    Depuis deux ans qu’elle est ici,

    Elle a subi bien des ennuis.

    Une fois un jardinier, sans conscience,

    Débroussaillait tout autour, et, dommage

    Elle a fait une brutale connaissance

    Des méthodes modernes d’élagages.

    Un soir d’Halloween un méchant galopin

    A donné un grand coup de pied dedans.

    Cette fois me suis-je dit, c’est la fin !

    Mais à ma grande surprise, au printemps,

    Tout le monde était bien au travail,

    L’hiver passé sans encombre au bercail.

    Parfois des écoliers, curieux,

    Jettent des graviers dans les lieux,

    Mais toujours mes fourmis s’en sortent.

    Elles travaillent vite, elles sont fortes.

    Si vous passez sur mon chemin amoureux

    De la nature, ne vous privez pas,

    Jetez un petit regard, à droite, en bas,

    Et prenez soin de mon trésor précieux.